Objectif Mars

Objectif Mars.

Oui..c’est ça Mars et re Mars et Mars encore….Mars ou crève !..Et c’était cette destination-là qui s’était, comment dire, oui c’est ça qui s’était imposé à moi, comme une évidence, comme le souhait de l’un de ces derniers souffles, un de ceux auxquels on s’astreint à penser quotidiennement pour conserver ces belles joues roses de nos dix ans. Faut que tu saches , ce matin là, il me fallait vraiment partir loin ,partir vite, pour que ce qu’il me reste de bon sens puisse finir de coaguler dans ma tête, dans mon esprit …..C’est pas que je voulais m’enfuir,non,pas le genre de la maison ça….. J’suis pas de ces types qui doivent « prendre le temps de la réflexion »,faute d’imagination, la fuite en avant ayant ceci d’intéressant :son rythme. Le rythme qu’elle impose. Non, je ne voulais pas fuir,car je savais bien que n’importe où je me rendrai, aussi lointaine, aussi bizarre, aussi étrange, aussi surprenante destination que je puisse dégoter, que je puisse mettre au jour ……Je ne le savais que trop bien pour l’avoir si souvent vécu, étrenné même : en tous lieux et en toutes circonstances, l’ennemi comme je l’appelle, ce mal intérieur, toutes ces questions, tout ces doutes, toute cette merde que l’on trimballe, cahin, caha, comme on le peut , aussi loin qu’on le peut et bien…Ce faux frère là voyagerait avec moi, en moi et par moi, Mars ou pas Mars !…
Alors….je me suis dit …Pourquoi pas ?…Pourquoi pas finalement fermer ses yeux, et se dire qu’au bout du bout, des Mars il pourrait y en avoir des tas…Et que s’il y en a des tas,et ben il y en a forcément un pour moi.Alors, tu vois ce matin, c’est sur ce Mars là que j’ai atterri, sur ce Mars là que j’ai débarqué, que mes yeux se sont finalement réouverts.
Et toi, tu me demandes ce que j’y vois sur mon Mars à moi ? Alors écoute, écoute bien cette fugitive vision :
Ce Mars là, mon Mars, ce Mars de chez moi c’est un vrai beau pays, tu sais. Lorsqu’on y débarque pour la toute première fois, on ne pet que s’y sentir écrasé, dépassé de plus de deux têtes par tout ses grands sommets pointus. Ils ont tellement poussés pointus ces sommets, qu’c’est comme par mégarde qu’ils ont fini par crever le plafond, un grand ciel bleu, un beau grand ciel bleu de Mars d’ici.
Alors c’est bien là que j’ai décidé de m’abandonner, de laisser aux autres le soin de m’aider ; vois-tu , je sais que dans cette vallée-ci, aucun cobra, aucun crotale bref, aucun animal aux milles poisons ne viendra me signer d’un de ses nombreux goûts amers.

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